Comment pratiquer l'auto-analyse ?

Comment pratiquer l’auto-analyse ?

Est-ce que je peux pratiquer tout seul chez moi l’auto-analyse ? C’est une question qu’il est intéressant de se poser notamment quand on n’a pas forcément les moyens de consulter un thérapeute et que l’on souhaite commencer une thérapie. En quoi consiste l’auto-analyse ? Comment peut-on pratiquer l’auto-analyse ? Pourquoi pratiquer l’auto-analyse ? Je vais tenter de répondre à ces questions afin que vous puissiez comprendre quels sont les bienfaits et les limites de l’auto-analyse.

Qu’est-ce que l’auto-analyse ?

L’auto-analyse est une pratique qui consiste à s’analyser soi-même : analyser ses pensées, ses actes, ses émotions, ses sensations, ses relations à soi-même et aux autres, ses compétences, ses qualités, ses défauts, etc. La liste est longue et non-exhaustive.

Il s’agit donc d’une introspection que l’on fait parfois déjà de façon quasiment naturelle, une sorte de méditation qui aurait pour sujet principal et exclusif soi-même.

On prend du recul sur une situation ou un état psychique et émotionnel désagréables, qui nous apportent du déplaisir voire de la souffrance, et l’on effectue une analyse subjective de ce qui ne va pas en essayant de trouver les raisons, les causes de cette situation ou de cet état.

Comment pratiquer l’auto-analyse ?

Cette investigation de soi par soi peut être conduite de façon systématique et recourir à certains procédés de la méthode psychanalytique tels que les associations libres, l’analyse de rêves, l’interprétation de conduites.

Les associations libres

On associe très naturellement des idées, des pensées entre elles sans qu’un lien entre les deux apparaisse très clairement à la conscience. C’est typiquement quand on dit « passer du coq à l’âne ».

Vous laissez aller vos pensées très librement sans y apporter de jugement ni de censure et elles s’enchaînent comme des perles sur un fil. Ces pensées vous mènent parfois à des souvenirs agréables ou non.

Vous pouvez les noter par écrit ou bien vous enregistrer pour pouvoir les relire ou les réécouter et les analyser.

L’analyse de rêve

Vous pouvez aussi travailler sur l’analyse d’un matériau bien connu de la psychanalyse, voie royale de l’inconscient : le rêve !

Il vous suffit de recueillir dans un carnet vos rêves nocturnes et vos rêveries diurnes que vous pourrez par la suite analyser librement ou selon la méthode de l’interprétation des rêves proposée par Freud.

L’interprétation des conduites

Il s’agit ici de comprendre vos actes manqués tels que les lapsus, les oublis, tout ce que vous faites, dites ou écrivez par erreur ou inadvertance, qui n’est pas du fait de votre volonté consciente.

Ces actes manqués sont des pulsions, des désirs refoulés qui, au lieu de rester bien sagement dans votre inconscient, ont décidé de venir à votre conscience sans déguisement.

Il s’agira donc dans leur analyse de savoir quels sont les pulsions, les désirs qui vous tracassent.

Les limites de l’auto-analyse

L’auto-analyse peut être pratiquée par qui le désire ou en ressent le besoin. Il n’y a pas de contre-indication à la pratique de l’auto-analyse. Freud lui-même pratiquait l’auto-analyse de ses rêves. Il y a néanmoins des limites, des écueils à cette pratique.

La première limite est le manque de neutralité, de bienveillance vis-à-vis de soi-même. En analysant ses pensées, ses actes, ses rêves, on peut être amené à se juger soi-même voire à aboutir à l’autoflagellation. On peut aussi se censurer : là où le thérapeute vous relancera sur une pensée ou un silence qui vous dérangeraient, vous pourriez, seul face à cette pensée ou ce silence, tout simplement adopter une attitude de déni.

La seconde est de mal interpréter le matériau que vous portez à l’analyse que ce soit le rêve ou les actes manqués, ou bien vos pensées, les souvenirs qui émergent dans votre esprit. Par manque de connaissances psychanalytiques ou de pratique, vous pourriez vous mettre à l’abri d’analyses qui vous perturberaient ou vous remettraient trop en question, et finalement ne pas aller au fond des choses.

Inversement, vos analyses pourraient vous faire prendre conscience de choses très désagréables et vous vous retrouveriez seul face à ces analyses sans un thérapeute qui pourrait vous accompagner à les accepter, à travailler dessus pour que vous puissiez évoluer au mieux pour vous.

Vous pouvez donc pratiquer l’auto-analyse de façon ludique ou en complément d’une thérapie. Si vous souhaitez aller plus loin dans l’interprétation de vos rêves, de vos pensées ou de vos actes, ou si vous souhaitez commencer une thérapie, je vous recommande vivement de prendre rendez-vous auprès d’un psychanalyste qui vous apportera ses connaissances et son expérience et saura vous accompagner dans la découverte de vous-même.

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3 commentaires

  • Jousse

    L’auto-analyse ne peut se concevoir sur le modèle de la psychanalyse classique.
    Il n’est pas possible d’interpréter les associations libres sans risque d’y intégrer l’imagination.
    La démarche doit être tout autre.
    Elle se réalise à partir de « impressions » et de ce qu’elles entraînent comme limitations..

    Le coût prohibitif d’une psychanalyse, l’assujettissement à une autre personne, la diversité des écoles qui se discréditent les unes les autres et, pour certaines, leurs méthodes discutables, tout concourt à procéder par soi-même.

    Cette question du coût a toujours interpellé les associations psychanalytiques. La psychanalyse apparait ainsi comme manquant d’humanisme puisqu’elle s’adresse à des sujets disposant de moyens financiers et de temps. C’est là son grand problème. La psychanalyse n’y a pas trouvé de solution. Cette déviance n’a pas été traitée.
    Le fait que la psychanalyse soit un métier y est pour beaucoup car elle se doit de générer un salaire.

    Je suggère de la remplacer par l’auto-analyse tel que je l’expose ici.

    On pourra objecter qu’on ne sort jamais seul de ses problèmes. C’est d’ailleurs l’argument des professionnels pour nier la valeur de l’auto-analyse et ne pas engager de recherche dans cette direction, ce qui à terme condamnerait leur métier sous sa forme actuelle.
    Ainsi, il n’est guère étonnant que la manière dont vous évoquer l’auto-analyse soit dans la lignée de la psychanalyse classique.

    Dans certaines circonstances, il peut être utile de s’adjoindre une aide temporaire. Cependant, la démarche personnelle est préférable car elle renforce la volonté de réussir. En effet, l’assistance d’un autre encourage, au moins au début, l’illusion d’une certaine facilité. De même, la sensation de jugement génère un surplus de blocage (résistance).

    Dans cette démarche d’auto-analyse, il faut toutefois noter qu’il est possible que le sujet ressente l’impression d’aller à l’encontre d’un tabou, celui de s’octroyer le rôle de psychanalyste pour lequel il n’a pas la formation et n’a pas reçu l’accord de ses pairs comme c’est le cas dans un cursus psychanalytique.

    Cette impression peut durer et l’auto-analyse sera vécue en secret. Elle s’estompera lorsque les premières découvertes se feront jour, mettant en évidence la capacité personnelle à démonter les barrières que l’on a soi-même fabriquées. On s’émerveillera alors de sa capacité à prendre conscience des outils que l’on a utilisé pour les construire.

    Dans une psychanalyse conventionnelle, au début un certain enthousiasme apparaît, s’expliquant par l’espoir de comprendre et supprimer ses troubles. Cet espoir s’appuie sur la confiance que l’on accorde au thérapeute, sur la croyance en son pouvoir. La prise en compte de cette étape est importante pour comprendre la raison de l’attachement parfois déraisonnable que l’on accorde au thérapeute.

    Inévitablement, il se crée un système autour du psychanalyste et de son patient. Ce dernier est incorporé dans ce système issu de la formation de l’analyste. Ce n’est donc pas une recherche collective qui s’établit entre ces deux acteurs, dans laquelle une émulation tiendrait lieu de processus d’évolution. Seul l’analyste tient les rênes. Nous pouvons comprendre les risques d’un tel système. Alors que, souffrant de difficultés au quotidien, le patient pourrait espérer partir de ce qui lui semble encore solide dans son psychisme pour aborder, dans un échange avec le praticien, les parties sombres de sa personnalité, sa situation de dépendance par rapport à l’analyste ne permet pas ce type de démarche.

    Plus tard, quand l’optimisme s’est atténué, le doute envers les capacités du thérapeute a beaucoup de difficultés à s’établir car, d’une part, cela reviendrait à admettre son propre manque de clairvoyance, et, d’autre part, que la responsabilité de la stagnation incomberait au seul thérapeute, ce qui, aux yeux du patient, n’est pas concevable.

    Ainsi, on peut comprendre que certaines personnes passent des années avant d’arrêter une thérapie stérile.

    On peut comprendre également qu’un certain nombre d’imposteurs puisse s’attribuer le rôle de psychothérapeute, parfois sous couvert d’une formation reconnue, mais sans en avoir les capacités (dans ce domaine, les diplômes n’ont jamais été gage de compétence, ils ne font que valider un cursus). Nombre de nouvelles thérapies sont apparues ces derniers temps, donnant l’illusion de découvertes.

    Certains psychanalystes prétendent que l’on ne guérit pas de ses souffrances et que l’on apprend à s’en accommoder : ce serait le but de l’analyse. Ce point de vue signifie que l’on n’a pas atteint le stade de la compréhension des mécanismes utilisés par l’inconscient et donc que l’on ne les a pas inhibés.

    Ma démarche va plus loin.

    Elle s’appuie sur le fait que tout individu possède en lui les clés pour résoudre ses problèmes et qu’il est le plus compétent pour les mettre à jour.

    Enfin, le psychanalyste n’a pas la connaissance de l’évolution possible de son patient lorsque celui-ci s’est dégagé de ses entraves névrotiques. Et il est fréquent que ce dernier s’accroche à son analyste car il n’ose se lancer seul, selon son ressenti. Dans la situation de l’auto-analyse, cela ne peut se produire.

  • Jousse

    Bien sûr les commentaires dérangeant ne sont pas admis !

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