Le contre-transfert en psychanalyse

Dans le prĂ©cĂ©dent article, je vous parlais du transfert en psychanalyse. Mais celui-ci ne va pas sans le contre-transfert et son analyse. Dans cet article, je vous explique ce qu’est le contre-transfert, en quoi et comment il est important de l’analyser.

Le contre-transfert, un processus inévitable dans la cure

Le transfert est le moteur de la cure. A l’aide des associations libres, il permet au patient de mieux comprendre les conflits psychiques qu’il rencontre, en transfĂ©rant ses affects de l’enfance sur l’analyste. Ce transfert peut ĂȘtre positif ou nĂ©gatif, paternel ou maternel.

La cure ne peut avoir lieu que si ce transfert est acceptĂ© des deux cĂŽtĂ©s. Le patient s’autorise Ă  dĂ©verser ses affects sur l’analyste car il sait que celui-ci n’a aucun jugement moral sur ce qui sera dit en sĂ©ance. L’analyste accueille ces affects qu’il soit de haine ou d’amour, qu’ils se rejouent envers la mĂšre ou le pĂšre du patient.

C’est ce qu’on appelle la neutralitĂ© bienveillante de l’analyste. Le temps de la sĂ©ance, l’analyste met de cĂŽtĂ© ses propres affects car il s’agit d’analyser ceux de son patient et non les siens.

Cette neutralitĂ© n’est effective que si l’analyste analyse le contre-transfert qui va inĂ©vitablement se produit dans la cure de son patient. Car le psychanalyste n’est jamais complĂštement neutre. Il a lui aussi des conflits psychiques non rĂ©solus, conflits qui peuvent intervenir en rĂ©action Ă  un transfert de son patient.

Le contre-transfert

L’analyse personnelle, la base de la formation du psychanalyste

Pour Ă©viter que le contre-transfert ne vienne saboter la cure de son patient, l’analyste se doit d’avoir effectuer une analyse personnelle. Cette analyse personnelle lui permet de comprendre ses nĂ©vroses, ses propres conflits psychiques et rĂ©sistances.

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L’analyse personnelle, dans le cadre de l’exercice du psychanalyste, a pour objectif de bien cerner les limites de l’analyste : l’analyste connaĂźt ses conflits internes. Quand il a suffisamment avancĂ© dans sa propre cure, l’analyste sait quels sont les transferts qu’il accepte et ceux qu’il refuse. Par exemple, Freud refusait les transferts maternels.

L’analyse personnelle est indispensable et indissociable de la formation du psychanalyste. Elle permet Ă  l’analyste de faire l’expĂ©rience de l’analyse, de ses effets sur l’inconscient et de valider l’élaboration psychanalytique. Elle permet aussi Ă  l’analyste de savoir quels sont ses propres fixations et traits nĂ©vrotiques. Ainsi, il peut reconnaĂźtre, Ă©lucider, voire maitriser son contre-transfert.

La supervision, un outil indispensable pour analyser le contre-transfert

L’analyse personnelle, prĂ©alable Ă  toute prise en charge de patient, ne suffit pas. L’analyste quand il dĂ©cĂšle un contre-transfert, doit l’analyser. Ici, soit une auto-analyse suffit, soit il dit opter pour une supervision par un collĂšgue psychanalyste.

Le contre-transfert peut alors se rĂ©vĂ©ler comme un outil supplĂ©mentaire et complĂ©mentaire Ă  l’analyse du transfert du patient. Son analyse amĂšne l’analyste Ă  repenser ce qui se joue dans la cure analytique de son patient. L’analyste n’est alors plus seulement en position d’analyste-miroir : il se crĂ©e une alliance thĂ©rapeutique.

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