Pour certains de mes patients, il m’arrive parfois d’avoir recours aux techniques de la sophrologie ou encore de leur proposer de consulter un.e praticien.ne de l’EMDR ou un.e hypnothérapeute. Dans cet article, je vous explique en quoi ces trois thérapies sont complémentaires à la psychanalyse.
L’EMDR
Les initiales EMDR signifient Eye Movement Desensitization and Reprocessing c’est-à-dire Désensibilisation et Retraitement par les Mouvements Oculaires.
L’EMDR est une thérapie qui s’intéresse aux traumatismes et aux expériences de vie traumatisantes afin d’en atténuer voire d’en faire disparaitre les conséquences psychologiques, physiques et relationnelles dans la vie des individus.
Les Troubles du Stress Post-Traumatique apparaissent après un événement particulièrement traumatisant. Ils se manifestent par sa reviviscence régulière. Le patient vit dans un état d’angoisse, de stress constant.
Ces manifestations sont des images, des pensées, des cauchemars qui surgissent à n’importe quel instant, ou bien des personnes, des discussions, des lieux qui rappellent le traumatisme et provoquent un comportement d’évitement, ou encore l’absence d’émotions, le manque d’élan et de vitalité, une grande tristesse, ou enfin un grand état de stress qui entraîne une hypervigilance et occasionnant souvent un manque de sommeil.
Les Troubles du Stress Post-Traumatique peuvent se rencontrer à l’occasion :
- du deuil (24% des cas),
- de la confrontation à la mort ou à la blessure grave d’une personne (21% des cas),
- de la maladie mortelle (12%),
- des accidents de la circulation (11%),
- des agressions, attentats,
- des maltraitances physiques et psychologiques, sexuelles,
- des ruptures et divorces,
- du harcèlement professionnel ou scolaire,
- des catastrophes naturelles,
- de tout autre évènement dépassant les capacités d’une personne à y faire face.
Après 2 à 4 séances de préparation, les séances de traitement commencent.
Le patient est invité à se concentrer sur l’événement traumatisant dans sa totalité (sensation, émotion, pensée négative), puis à suivre le mouvement des doigts du thérapeute en laissant venir ce qui lui vient spontanément.
Comme en psychanalyse, il s’agit d’un processus de libre association des idées, sensations, émotions, pensées. Cette thérapie est très complémentaire dans le traitement des traumatismes.

L’hypnothérapie
L’hypnose est un état modifié de la conscience différent de celui produit par la relaxation ou la méditation.
Dans cet état modifié, l’individu parvient à faire abstraction de la réalité environnante, tout en restant connecté à certains stimulus extérieurs, notamment la voix de l’hypnothérapeute.
Le rôle de l’hypnothérapeute est dans un premier temps de mettre en veille le conscient, afin de diminuer son importance et de laisser davantage de place à l’inconscient et ses effets.
Cette phase de mise en place de l’état hypnotique se fait au travers de suggestions, c’est-à-dire d’injonctions directes ou indirectes faites à l’inconscient. On parle de phase d’induction.
Il existe plusieurs techniques d’induction :
- les suggestions directes ou indirectes
- les outils facilitateurs comme l’imagination ou la relaxation
L’hypnose a été utilisée par Freud à ses débuts et s’il a abandonné rapidement cette pratique, aujourd’hui elle peut s’avérer complémentaire au cours d’un travail analytique, notamment dans le traitement des traumatismes.

la sophrologie
La sophrologie est une méthode psychocorporelle.
Le terme SOPHROLOGIE, inspiré du grec ancien, signifie étude de l’harmonisation de la conscience : sôs : harmonieux; phren : l’esprit; logos : science
Méthode exclusivement verbale et non tactile, la sophrologie emploie un ensemble de techniques qui vont à la fois agir sur le corps et sur le mental.
Elle propose des exercices qui permettent un travail à la fois sur la respiration, la décontraction musculaire et la visualisation.
C’est une approche complémentaire à la psychanalyse pour les patients qui rencontrent des difficultés à se détendre. Ses techniques favorisent la relaxation et l’association libre au cours de l’analyse.
Elle est très complémentaire également dans la gestion des émotions et du stress pour des patients souffrant d’angoisse ou d’anxiété.
Je n’ai cité ici que trois thérapies complémentaires à la psychanalyse. Il y a d’autres approches qui sont intéressantes et qui peuvent aider chacun dans son travail analytique. Dans ma pratique de psychanalyste, je trouve qu’il est important de rester ouverte à d’autres thérapies, d’autres techniques, cela offre une grande liberté d’exploration et de connaissance de soi à chacun.