Trois schémas pour comprendre le fonctionnement de l'appareil psychique
Blog

3 schémas pour comprendre l’appareil psychique

Comprendre l’appareil psychique, c’est la base quand on souhaite devenir psychanalyste. Cela peut permettre aussi de mieux comprendre comment fonctionnent notre inconscient et notre conscient quand on est en thérapie. Mais il n’est pas toujours évident de saisir ce qui se passe dans notre inconscient, ou bien les relations et interactions entre notre inconscient et notre conscient. C’est pourquoi je vous propose ici trois schémas simples qui vous permettront de bien comprendre le fonctionnement de l’appareil psychique.

Le schéma de l’arc réflexe

Pourquoi commencer par le schéma de l’arc réflexe ? Parce que le schéma de l’appareil psychique est construit sur cette base de fonctionnement neuronal, il est une forme adaptée du schéma de l’arc réflexe.

Je vous en propose une version simplifiée.

Sur ce schéma, on peut voir deux extrémités : une à gauche, l’extrémité sensitive ; une à droite, l’extrémité motrice. De l’une à l’autre de ces extrémités circule de l’énergie.

Au niveau de l’extrémité sensitive, l’individu perçoit une excitation, un stimulus, une certaine quantité d’énergie qui lui est extérieure. C’est, par exemple, le petit coup de marteau donné par le médecin sur le genou.

Au niveau de l’extrémité motrice, on voit la réaction, la libération de l’énergie par un mouvement moteur et immédiat du corps. Après le coup de marteau médical, on voit la jambe de la personne se soulever sans aucune volonté de la part de cette personne.

Entre les deux, le corps est traversé d’une tension due à l’excitation initiale et qui disparaît à travers une décharge motrice.

Pourquoi un arc ? Parce que tant que la tension n’est pas déchargée, elle augmente. Il n’y a que sa transformation en action qui peut l’abaisser.

Imprégnez-vous bien du schéma de l’arc réflexe, on passe à celui de l’appareil psychique.

Les trois schémas du fonctionnement de l'appareil psychique

Le schéma du fonctionnement de l’appareil psychique

Il s’agit d’appliquer ici le fonctionnement de l’appareil psychique sur celui de l’arc reflexe. Pourquoi ? Parce que notre psychisme vit lui aussi constamment sous tensions qu’il cherche inlassablement à abaisser totalement.

Sur le schéma que je vous propose, ce que l’on voit dans un premier temps c’est qu’il y a un dedans et un dehors. Le dedans est gouverné par le principe de plaisir/déplaisir tandis que le dehors est la réalité extérieure qui contient l’appareil psychique.

Au niveau de l’extrémité sensitive, il est important de noter que l’excitation est toujours interne. Qu’elle soit due à un choc traumatique venant de l’extérieur (comme un accident de voiture) ou que l’origine soit intérieure (comme l’excitation due à un besoin organique tel que la faim, la soif), la source d’excitation est toujours interne.

Cette source de l’excitation est une représentation. Cela peut être une idée, une image. Cette représentation a la particularité d’être chargée d’énergie une fois et de restée en tension en permanence. C’est pourquoi l’appareil psychique est constamment excité et ça peut devenir vite fatigant.

La bonne nouvelle c’est que cette excitation permanente dans le psychisme signifie que vous êtes en vie. La mauvaise nouvelle, c’est que toutes les tensions s’accumulent, deviennent pénibles, douloureuses et pressent l’individu à décharger.

Nous nous retrouvons donc avec, d’un côté, un état de déplaisir interne ininterrompu et, de l’autre, l’hypothétique état de plaisir que l’on cherche à atteindre en abaissant les tensions. Hypothétique car, en vérité, la décharge n’est jamais complète, mais toujours partielle ou tempérée.

Pour résumer, nous sommes tous des piles sous tension qui ne pourrions jamais nous décharger complètement. Pourquoi ne pouvons-nous pas abaisser totalement nos tensions ?

C’est vrai qu’il serait plus simple de décharger complètement le trop plein d’énergie qui nous fait souffrir : on est sous tension, on va courir pour décharger, et hop ! le tour est joué ! Sauf que, une décharge complète, dans cette analogie avec la course à pied, ce serait de courir non pas jusqu’à l’épuisement mais plutôt jusqu’à… la crise cardiaque (et donc la mort) !

En fait, il y a trois raisons qui nous empêchent d’abaisser complètement les tensions :

  • D’abord parce que, tant que l’on est en vie, la source d’excitations ne se tarit jamais, nous sommes constamment bombardés d’excitations.
  • Ensuite, parce notre psychisme ne peut pas répondre, comme dans le schéma de l’arc reflexe, par une action motrice, il ne peut apporter qu’une réponse métaphorique de l’action, autrement dit une pensée, une parole, une représentation.
  • Enfin et surtout, parce que le refoulement (le fameux !) est là !

Dans le système inconscient, les représentations inconscientes ne veulent qu’une chose : le plaisir instantané et absolu, l’abaissement total des tensions, la décharge ! A l’abri dans leur système, elles sont gouvernées par le principe de plaisir, elles sont libres afin de laisser l’énergie circuler.

Dans le système préconscient/conscient, les représentations veulent elles aussi le plaisir mais en mode plus tempéré, car elles sont désormais gouvernées par le principe de réalité qui les contraint à redistribuer et à écouler plus lentement l’énergie. Ce sera essentiellement l’activité intellectuelle.

Entre ces deux systèmes, il y a… le refoulement. C’est une sorte d’agent de sécurité qui, à la frontière entre l’inconscient et le préconscient/conscient, demanderait son passeport à chaque représentation.

Le refoulement fait plutôt bien son travail : il empêche de laisser passer les représentations qui veulent tout et tout de suite. Mais il arrive que ces représentations inconscientes qui se sont vu refuser l’accès à la conscience se déguisent, présentent un faux passeport et débarquent dans la conscience.

Les représentations inconscientes déguisées qui ont réussi à passer la douane du refoulement, peuvent décharger une partie de l’énergie pulsionnelle, l’autre partie restant confinée dans l’inconscient.

Cela a une double conséquence négative :

  • La partie qui est refoulée dans l’inconscient réalimente la tension interne ainsi que le déplaisir, la pénibilité, la souffrance de l’individu.
  • La partie qui arrive dans la conscience génère de l’angoisse chez l’individu.
Le fonctionnement de l'appareil psychique et le refoulement

Le schéma des quatre temps du fonctionnement de l’appareil psychique

La circulation de l’énergie dans notre psychisme se fait en quatre temps.

Premier temps : excitations en continu et libre circulation de l’énergie avec un mouvement permanent vers une décharge totale mais qu’il est impossible d’atteindre. C’est la poussée constante de l’inconscient.

Deuxième temps : l’intervention du refoulement qui s’oppose à ce mouvement de l’énergie.

Troisième temps : la partie de l’énergie qui est refoulée reste confinée dans l’inconscient et réactive la source d’excitation, les tensions du système, la pénibilité, le déplaisir, la souffrance.

Quatrième temps : la partie qui franchit le refoulement s’extériorise sous la forme de formations de l’inconscient et offre certes un plaisir partiel (décharge partielle) mais génère en contrepartie des angoisses.

J’espère que cet article vous aura éclairé sur le fonctionnement de l’appareil psychique. Si vous avez des questions, vous êtes libre de les poser en commentaires : j’y répondrai avec plaisir !

Vous avez aimé, vous êtes libre de partager

Laisser un commentaire